Fleurs des champs

Par sane | mai 17, 2012

Verre Koziol, enceintes Galaxy Speakers Lexon

Ce jour-là, le pique-nique eut finalement lieu à l’appartement. Une ombrelle fut disposée sur la table basse, les coussins jetés sur le sol et la radio installée comme en plein air. On entendit une chanson d’Anne Sylvestre. J’amenai la salade de pâtes, avec sa boule de « mozzarella di buffala », ses morceaux de speck et de poivrons grillés conservés depuis l’été dernier. Quelques gressins accompagnaient le tout. Lui il voulait surtout les gâteaux, notamment celui au fromage blanc et coulis de groseilles, parce qu’il n’y en avait pas au chocolat. Aussi les petites choses salées, ces minis tranches de lard à la sauge et au camembert. Les petits palets au parmesan. D’un geste sûr, son père ouvrit la bouteille de crémant et cela le fit rire. La radio parlait toute seule maintenant.

Il ne fit pas de sieste, et eut du mal à se recoucher les après-midis suivantes. J’ai un peu patienté, difficilement. Je mélangeais les sentiments et les émotions, l’indulgence, l’impatience de le voir fermer ses yeux, l’insouciance s’il ne le faisait pas, la crispation, la colère et la tristesse, souvent. Nous nous sommes adoucis.

Je me demande parfois si, en partageant ces tâches du quotidien, ces occupations autour des enfants, ce rythme délicat à adopter qui ne ressemble pas au naturel du nôtre, si tout cela ne nous empêche pas de partager ce qui devrait être au cœur de l’appartement : la richesse de nos idées, de nos découvertes, de sa musique, des films que je regarde, de nos images, ensemble. Attendre ce temps qui nous réunit parfois. Attendre ces joies. Out la fatigue. Comme le soir où il dégustait quelques sushis avec une pointe de wasabi, et qu’il me racontait combien le wasabi il aime ça, cette force vive, nette et qui n’attaque pas les saveurs à venir. Pas aussi fort et soudain que le bonheur inébranlable d’une naissance, mais comme ce besoin quotidien d’un sourire journalier, de ranger ma brosse à dents près de la sienne, d’apercevoir le soleil, d’engloutir de la chantilly maison (avec les fraises du printemps).

Repos

Par sane | mai 9, 2012

petit passage à la maternité

Couleurs pastels

Par sane | avril 23, 2012

Il y a de la pluie ces temps-ci.

On a tranché sur le choix du prénom, un ensemble de lettres qui sonne à nos oreilles, qui nous plaise. Quelque chose dans lequel le vent se heurterait, surpris peut-être, amusé, révérencieux. C’est pompeux. Sucré. Fort. Ou rien de tout cela. Juste un prénom neuf et vieux, un truc qu’on trouverait dans les vieilles armoires, celles que R. aime, un mot crayonné sur un bout de papier déniché dans le tiroir caché d’un secrétaire, comme je les aime. Simple, aussi. Il s’écrira sur un mur blanc, à nos côtés.

C’était Pâques également. Il me reste quelques œufs, encore un peu de chocolat. J’eus la surprise une fois de découvrir un joli carpaccio m’attendant dans la cuisine, l’ajout des câpres me rappela de lointaines vacances italiennes, en même temps que cela aromatisait la dégustation. Sa main masculine a changé un peu le plat. L’attention dont j’ai bénéficié me rendit joyeuse pour le reste de la journée. Il y a des petits moments ainsi qui ne se racontent pas, juste ils s’inscrivent dans notre mémoire personnelle, se font dévorer par notre conscience et se cachent aux yeux des autres. J’adore le carpaccio surmonté de tant de parmesan.

C’est un monde tout en aplat que je vis aujourd’hui, difficile de le transcrire. Quelques couleurs, quelques formes simples, peu de profondeur. Bientôt arrivera cette petite fille surprise. Le relief.

« Le passé est un œuf cassé, l’avenir est un œuf couvé », Paul Eluard.

 

un peu de tout tout le temps

Par sane | avril 3, 2012

Ensemble théière + boîte Bodum, pince oiseau Habitat

Cartes personnelles, portefeuille Barnabé aime le café, coquetier Roos Van de Velde

Apprécier.

Un peu de soleil. Des cuillères remplies de sucre mascobado. Beaucoup de terrasse. Des vertèbres qui se coincent, un enthousiasme certain pour « Les adieux à la reine », des petits doigts qui caressent le lobe de mon oreille. Un peu de rien, de tout, qui s’ajuste plus ou moins bien avec nos envies.

25 mars

Par sane | mars 27, 2012

My home

Par sane | mars 8, 2012

Boîtes Zak Design

Les amateurs, Brecht Evans, Actes Sud BD

Je ne sais pas trop pourquoi j’habite là. J’ai suivi, j’ai profité, il y avait du soleil qui rentrait par les fenêtres. Sûrement si je l’avais décidé, si j’avais pu, j’habiterai aujourd’hui dans l’appartement que j’ai visité il y a peu. Une vue dégagée, un jardinet, des pièces baignées de luminosité, du parquet, une petite cheminée, une vue sur mer. Une cuisine à refaire où tout de suite je me voyais déjà accrocher un égouttoir indien au-dessus du vieil évier en céramique (après un -futuriste- voyage en Inde évidemment). Une salle de bain où la baignoire est surplombée d’une large fenêtre. Dans mon bain, mes pieds chercheraient la sortie. Sous la douche, je pourrais surveiller le linge qui sèche au-dehors, en bas, dans le jardin. Une disposition des pièces idéale, sans véritable couloir, où d’un œil je pourrais apercevoir ce qui se trame chez moi. Et puis à la fin de la journée, on fermerait les portes pour que chacun puisse dormir à sa convenance. Du calme. La mer à quarante mètres. Le bistrot sur le petit port à cent mètres. L’agent immobilier a ouvert la porte et j’ai ressenti de la plénitude. Après la montée des 2 étages, le cœur encore palpitant, toute enceinte que je suis, je n’y croyais pas. J’ai juste découvert qu’on pouvait aimer un lieu dès la première seconde. L’appartement de mes nuits désormais, lorsque je rêve d’un autre sweet home. Il était simple, charmant, facile à arpenter, ensoleillé. Trop petit.

Sûrement partira-t-il en résidence secondaire.

Là où je suis aujourd’hui, nous avons fait beaucoup pour que cela nous plaise. Maintenant, il nous faut partir. Lui souhaite une maison. Moi un endroit dont l’environnement me plaira. Nous nous débrouillons de nos envies.

 

Prochaine saison

Par sane | février 22, 2012

Les rayons du soleil sont bien plus présents, plus nombreux. La prochaine belle saison approche, non ?

Je me prépare déjà pour mes amoureux de l’année, et suis ravie de pouvoir bientôt chercher, recueillir, cadrer des images sensibles, joyeuses, jolies, folles peut-être de votre mariage. A bientôt !

Matin dominical

Par sane | février 21, 2012

Couteau ceramin' Kyocera, Mug Galzone

Matin enfariné, et pendant lequel je fais des scones pour me réveiller. Grappiller le soleil de la cuisine. Attraper un cachet pour désensabler ma tête. Et puis surtout, les scones, c’est très bon. J’aime encore mieux lorsque, en même temps, A. vient sur mes genoux déguster la pomme, ou le beurre tartiné sur le scone coupé en 2.

Escale en bord de mer

Par sane | février 7, 2012

Ce matin, la porte de mon appartement était close. Je ne pouvais rentrer chez moi. Mise de côté, j’ai un peu erré, je me suis emmenée dans un lieu de mon enfance. Par hasard ou non j’ai retrouvé le chemin de mes classes de mer dont j’ai un souvenir très présent mais peu étayé de détails. Je suis tombée près du manoir qui accueille toujours ces séjours scolaires. Je ne me rappelais pas qu’il était si beau, mais l’architecture des bâtiments, quand on est au primaire, ça ne doit pas être primordial.

J’aurai bien oublié cette errance obligatoire, j’aurai préféré laisser le sable libre de mes traces. Ce matin j’ai mis ma petite jupe, mon unique collant de grossesse, et mes chaussures noires à talon qui sont bien chaudes. Je n’avais pas prévu les bottes, les pantalons cirés jaunes et les gilets de sauvetage orange des enfants qui embarquent sur l’eau tout près du manoir. Je n’étais pas habillée pour cette sortie en mer.

Je les ai regardés partir puis rentrer, de loin, assise dans les rochers marchant sur les moules et les huîtres. Comme si le temps était passé depuis ce temps de l’enfance, comme si aujourd’hui je ne pouvais qu’attendre leur retour, comme si je n’étais plus dans l’acte mais dans le spectacle. Le Copacabana n’est pas ouvert en cette saison. Des rangées de patelles, des sillons d’eau de mer égayaient le paysage. J’ai bien croisé quelques personnes aussi. Une jeune femme prenait la mer en photo. Je me suis retournée et j’ai pris les cabines de bain en photo. Un homme se promenait avec son chien. Un autre courait. Une bonne-sœur avalait le chemin tellement sa démarche était énergique. Il y avaient des golfeurs aussi, protégés par le grillage encerclant leur terrain vallonné, propre, avec vue imprenable. Le soleil, réchauffant à peine mes jambes, ne caresse que quelques rares habitants, les sapins de la côte aux découpes ventées, les bouées blanches sur l’eau et ces golfeurs du mardi.

Il m’aurait bien réservé un endroit, là, une chambre avec vue, mais les volets sont bien clos, les toitures en réfection.

Je n’ai pas retrouvé mes souvenirs de classes de mer, je me les suis imaginé. Rentrée, un carpaccio de bœuf aux frites maison et petits pois du jardin congelés de l’été dernier nous a tous profité.

Il y a des matins imprévus, des surprises, des cadeaux inattendus, des nouvelles auxquelles on ne s’attendait pas. Et il y a mes gants en cuir que je ne dois pas oublier par de telles journées. Ils me réchauffent quand personne ne tient ma main le long de mes errances.

 

Variations sur le bidon

Par sane | février 3, 2012

Culotte Little Marcel

Voile La fiancée du Mékong